Le Paladin aux dents spéciales « blancheur extrême »


Si vous avez déjà vu Blanche-Neige et les 7 nains par Disney, il est un personnage que l’on ne rencontre qu’à la fin, et qui est le sujet d’une chanson emblématique : « Un jour mon prince viendra« . Parce que le Paladin aux dents spéciales « blancheur extrême », c’est ce genre-là de Prince Charmant. Il est beau, tout le monde chante ses louanges, mais bon concrètement, on peut s’en passer jusqu’à la fin.

Le sourire total ultra bright

Car le Paladin est un homme droit, un homme de loi, un homme de foi, un homme juste, un homme parfait. Il est propre sur lui, son armure est rutilante, et sa candeur ne se mesure qu’à l’aune de sa naïveté et de sa bonté.

C’est une caractéristique importante pour un paladin : il doit représenter la lumière en toute chose, en tout acte qu’il fait. Il rayonne la joie de vivre, et transpire l’absolue certitude du juste.

Heh, c’est pas un rigolo, il bosse pour le salut de votre âme – que ce soit dans ce monde ou pas n’est pas le sujet, bien entendu.

Ce brave loyal-bon

Dans un groupe, le Paladin sera sujet à toutes les moqueries, telle la blanche colombe qui esquive la bave gluante du crapaud. En attendant ce sera toujours sa faute si le groupe se retrouve obligé d’aider le curé du coin, ou s’ils doivent rendre n’importe quels services stupides et sans aucune rémunération.

Une phrase type ? « Laissez ma bonne dame, c’est un plaisir de vous aider. »

Ou bien encore la très énervante : « Mais non ce n’était rien, nous ne souhaitons en retour que votre sourire et votre bonheur. Bonne journée ! ».

Il ne pense pas à mal

Parfois, un paladin a aussi un petit côté répurgateur. D’ailleurs, un répurgateur ce n’est jamais qu’un paladin paranoïaque, sadique et dépressif.

Pour résumer, il a une grosse épée, et le feu est son arme divine. Tout y passe : le vieux fou suspecté d’avoir empoisonné l’eau, le jeune fou suspecté d’avoir reluqué les fesses d’une jeune fille. Trancher les mains d’un voleur c’est presque déjà trop de bonté envers les mécréants et les affreux personnages qui iront brûler en enfer.

Parce que le paladin a la Foi Véritable et Unique, il agit pour le salut des âmes, qu’elles le veuillent ou non.

Alors qu’importent les atrocités du combat, tant qu’il reste intransigeant à la corruption, à la débauche, et aux petits plaisirs simples de la vie – et ses dérives.

Profil

Les caractéristiques préférées des paladins sont principalement l’adresse, la capacité à commander, et la volonté – le tout doublé d’une bonne endurance, pour pouvoir porter sa grosse armure, et sa grosse arme.

Dans ses compétences, s’il est hors de question de trouver « mentir comme un dentiste » ou « la ruse/la fuite », il est tout à fait plausible de retrouver « La Foi », « mon épée dans la tronche des méchants » (« méchants » étant un terme très vague), et enfin « Dormir en armure lourde ». D’ailleurs chez lui la lourdeur ne vient pas forcément que de son équipement.

Parlons-en de son équipement : l’armure lourde et l’arme à deux mains sont les bases. Il faut ajouter au moins un symbole religieux, et sans doute une bague et un collier aux effigies de sa foi, de ses croyances, ou de sa dame.

Moralité

Il sera aussi bon de lui adjoindre un joli sourire, une coupe de cheveux militaire, et une absence totale de compréhension de la gente féminine. Car oui, le paladin est réservé aux hommes de foi, sexiste jusqu’au bout des ongles : la chevalerie n’est pas morte, et il entend bien la faire respecter.

Oh, alors, évidement, il y a quand même des femmes dans le métier, mais ce n’est jamais vraiment pareil.

Brummludek, nain et charpentier


Ce qu’il y a de bien avec les changements de PC, c’est qu’il faut tout installer et tout migrer. Du coup on fait un peu de ménage et on retrouve des pépites. Comme par exemple les différents textes que j’avais pondus pour illustrer la vie de mes deux persos à Everquest 2, courant 2006. Voici donc le texte de présentation de Brummludek, mon nain comment dire… un peu spécial, avec lequel j’ai passé des heures entières de fou rire sur le chat In Game (et sur les forums). Mais place au texte et au nain, écrit le 26 avril 2006.

Le large bateau s’approchait lentement du quai de Grise Pierre. Le manque de vent avait forcé l’équipage à se mettre aux avirons. Enfin, il accosta. La passerelle fut descendue et les passagers se préparaient à descendre. Un grand barbare, un pagne de fourrure de lion, une paire de bottes fourrées et une énorme hache à deux mains pour tout habit s’apprêta à rejoindre la terre ferme.

« Hé espèce de gros tas de muscle sans cervelle, ta mère ne t’a jamais appris qu’il fallait laisser passer les anciens, pousse-toi donc de là ! »

Le barbare, surpris, baissa les yeux. Un vieux nain, petit, même pour un nain, le visage rouge de colère, bouscula les genoux du barbare et descendit à quai.

La taille du vieux nain suffisait à ce qu’on le remarque. Sur tout Norrath, il aurait en effet été difficile de trouver un nain plus petit que lui. Même les gnomes étaient plus grand que lui. Brummludek, car c’était ainsi qu’il se nommait, était donc un tout petit nain. C’était aussi un très vieux nain. Il ne cessait d’ailleurs de le répéter, se servant de ce prétexte pour se faire offrir à boire ou à manger ou tenter d’apitoyer une petite elfette afin qu’elle « vienne réchauffer ses vieux membres froids et douloureux ».

Bien malheureux d’ailleurs celui qui se serait laissé attendrir, malgré son âge et sa petite taille, Brummludek était capable de venir à bout, sans difficulté, des plus grands festins, buvant chope sur chope pour faire descendre le tout. Repus, les yeux brillant, il est fort possible qu’il finisse alors le repas par un monumental rot, remerciement bruyant à l’attention du pauvre bougre qui se serait laissé aller à lui offrir un repas. Si celui-ci n’a pas déjà fuit en courant et qu’il offre une ou deux grandes choppes de plus à notre vieux nain, il aura alors le douteux plaisir de voir celui-ci lui raconter un de ces hauts faits d’arme, lorsque lui, pourtant faible petit mystique, se retrouvait seul face à une horde de trolls enragés et, n’écoutant que son courage, fonçait dans le tas, et en ressortait victorieux.

« Vous vous demandez sûrement pourquoi j’étais tout seul face à une telle horde sauvage » vous demandera-t-il de sa voix bourrue, posant une de ses grosses mains de nain sur votre genoux si vous êtes une femme. « Oui, pourquoi étiez-vous seuls » demanderez-vous alors, pressé, ou pressée, qu’il finisse son histoire afin que vous puissiez vous échapper.

« Tout simplement parce que ces peureux d’efféminés de hauts elfes étaient trop occupés à faire dans leur robe de mage tellement ils avaient peur de mourir pour venir m’aider, il a bien fallu que quelqu’un s’occupe du sale boulot. » vous répondra-t-il. Suivant les cas ça ne sera pas des trolls mais des ogres, des gnolls ou des orques. Si vous lui offrez assez à boire, il vous racontera peut-être même son combat, seul à seul, avec un grand dragon rouge. Combat qui lui valut de recevoir les vilaines cicatrices qui barrent son visage.

Brummludek que nous connaissons maintenant un peu mieux, descendit donc lentement de la passerelle du bateau. Comme à son habitude, il râlait dans sa barbe, naguère noire comme le charbon, aujourd’hui grise avec des poils blancs, son grand marteau de guerre, qu’il appelle Brise-Crane, attaché dans son dos.

Si Brummludek râlait, c’était pour une bonne raison, il voulait que le capitaine du navire fasse un crochet pour le déposer au Bois des Saules, le quartier où la plupart des elfes et demi-elfes vivent. Pourquoi voulait-il être déposé la-bas, vous demandez-vous sûrement ? Après tout il n’a pas l’air d’aimer les elfes. En effet, Brummludek déteste cordialement les elfes, mais il adore les elfettes. Et son âge plus que canonique n’a pas réduit son appétit dans ce domaine, voire l’inverse, pourrait-on même dire.

Une fois arrivé sur le quai, notre vieux nain, s’engagea donc sur la route pavée qui l’amènerait jusqu’au Bois des saules où il était bien décidé à vivre. Râlant dans sa barbe, son crâne chauve brillant au soleil, il avança lentement, sortant de temps à autre de son sac une petite chopine de voyage, fermée par un capuchon de bois, la vidant d’une seule traite puis la jetant, vide, sans plus y porter attention.

Enfin, le bois des saules apparut devant lui, enfin, parce qu’avec ses petites jambes, il mit quelques heures pour arriver. Le long arrêt à l’une des  taverne de Grise Pierre, où il défia un autre nain à un concours de boisson, concours qu’il gagna haut la main, y fut sûrement aussi pour beaucoup.

Le bois des saules apparut donc devant notre tout petit héros. Les oiseaux chantaient gaiement dans les arbres, les petits lapins jouaient à cache-cache dans l’herbe, les fleurs des champs exhalaient leur doux parfums tandis que le soleil caressait doucement ce paysage de carte postale de ses tendres rayons.

« Foutre-Troll j’espère que la Bière de la Taverne ne ressemble pas à de la pisse de Greloks, je n’ai plus qu’une seule chopine de voyage. » La voix râpeuse de Brummludek fendilla légèrement cette vision paradisiaque tandis que les oiseaux cessaient de chanter, que les fleurs refermaient leurs pétales, outrées, et que les petits lapins filaient se cacher dans leurs terriers.

D’un bon mais petit pas, Brummludek se dirigea vers l’auberge, hurlant de colère lorsqu’un elfe, filant vers les ruines de la forêt, faillit l’écraser. De colère, toujours, il en lança même sa dernière chopine de voyage, toujours pleine, tentant d’assommer l’indélicat. Il finit toutefois par arriver à l’auberge. Ouvrant la porte, en pestant contre les portes qui n’étaient pas prévues pour les nains, il se retrouva nez à nez avec la tenancière qu’il ne se priva point de longuement détailler.

« J’aimerais louer une chambre ma jolie, une belle grande chambre, j’ai de quoi payer. » demanda notre nain avec aplomb, faisant tinter les quelques pièces de sa bourse.

« Une chambre monsieur nain ? Nous en avons de libre à 5 pièces d’argent la semaine, pour ce prix vous aurez droit à une table et une paillasse de paille. » répondit la tenancière, rougissant légèrement sous le regard plus qu’appuyé du nain. Fronçant aussi légèrement lorsque l’odeur que dégageait celui-ci arriva à ses narines. Elle rajouta alors, faisant de son mieux pour ne pas montrer son malaise « les bains ne sont pas compris dans le prix, il vous en coûtera 10 pièces de cuivre par bain. »

« Un bain ? » répondit le nain. « Mon dernier bain remonte à, à peine, 6 mois, je n’ai pas encore besoin d’en prendre un nouveau. » Se grattant pensivement la barbe, il partit dans un gros rire gras avant de poursuivre « À moins que vous ne vouliez partager ce bain avec moi, dans ce cas là, je me ferai un plaisir d’accepter ».

« Non, non, pas du tout, aucunement, voilà vos clef, désolée j’ai à faire » répondit la tavernière qui ne désirait plus qu’une chose, fuir la compagnie de ce nain plus qu’entreprenant. « Et je vous rappelle que la chambre n’est pas meublée, il faudra acheter vos meubles » rajouta-elle, en posant les clefs de la chambre sur le comptoir et de partir, s’enfuir plutôt par la porte marquée privée « votre chambre est à l’étage, la 42 ».

« Ne vous inquiétez pas ma belle, je suis charpentier, je vais rapidement meubler tout ça, il me faut au moins un lit pour accueillir mes conquêtes, mais d’abord la Taverne ».

Empochant les clés de sa chambre, il se mit alors en quête de la taverne et du robinet à bière.

Nécromancien


Une commande pour la description d’un personnage « nécromancien ». J’en profite pour le publier ici. Histoire de dire que j’écris encore des trucs quoi.

Nul vent ne souffle, pourtant vous croiriez entendre son bruit dans les couloirs.

Lorsqu’il s’approche, on peut sentir l’air se glacer, se raréfier, et une odeur forte vient remplir nos narines. La putréfaction et la pourriture semblent prendre corps au-delà des limites des ombres. Notre perception nous alerte qu’ici, en cet instant, il n’y a rien de vivant dans cet être courbé qui s’avance en s’aidant d’une canne. La main décharnée qui la tient n’en est jamais qu’un signe parmi d’autres.

La poussière qui recouvre d’une couche grisâtre sa cape élimée, semble être là depuis des siècles, tant elle forme une couche uniforme, qui se soulève en nuage qui le précède, et se recolle à lui. Il grince, et oscille d’une jambe à l’autre mal à l’aise sur le carrelage. Son visage est masqué par la capuche de son vêtement, et l’on devine à peine les contours osseux d’un nez et d’un menton, à la lueur d’une torche murale.

Tout en lui évoque la vieillesse et la décrépitude d’un âge sans fin, le tout animé d’une humeur maligne surnaturelle. Il ne parle pas, et ne semble pas avoir besoin d’en faire usage, tant il inspire la peur par ce regard sombre qui s’échappe de sa capuche. Est-ce vraiment de la peau ? A-t-il ne serait-ce que des yeux au fond de ces orbites ? Il étire jusqu’à vous son bras, pointant votre cœur d’une griffe qui fut jadis un ongle au bout d’un doigt, et ricane, emplissant la salle d’un bruit grinçant de lime sur l’acier.

Il ramène sa main vers lui, et se dirige vers un pupitre dans un coin, où repose ce que vous avez pris jusqu’à présent pour un tas de moisissures vaguement rectangulaire. C’est un livre, et il en tourne les pages lentement, sans même un regard vers vous. L’air semble tout à coup encore plus froid qu’auparavant, vous tremblez. Peut-être que l’air aussi, se met à vibrer dangereusement, alors que vous croyez discerner des paroles.

Les murs se dilatent, votre vision se trouble d’apparitions. Il est temps de rebrousser chemin, alors que des hurlements vous suivent, marchant dans vos pas, mordant vos talons d’une brise glacée.

Ces bruits dans les couloirs, n’étaient-ce pas finalement le hurlement des défunts dont vous avez peut-être failli faire partie ?

La Voleuse Promotion Canapé (VPC)


Les aventuriers en tout genre peuvent se casser les dents sur un garde un peu suspicieux. Là où la subtilité, la force, l’humour, l’argent, le laissez-passer falsifié et la nourriture ont échoué subsiste une arme ultime qui n’est hélas disponible que dans les groupes mixtes : la voleuse promotion canapé !

Plus qu’un emploi, un mode de vie !

Ayant grandi dans les bas-fond d’une ville ou au fin fond d’une campagne paumée, elle a compris que le chevalier blanc ne viendrait jamais la chercher. Ce preux chevalier en armure qui la secourut deux ans plus tard, quand elle fut enlevée par un ogre pour des raisons bassement professionnelles, il sentait la bière et l’urine, la crasse. Il repartit seul sur sa monture en la laissant sur un tas de foin après avoir tiré son coup.

Leçon d’anatomie

Une voleuse promotion canapé a un passé lourd. Si lourd et scabreux qu’elle préfère le draper dans le voile de sa pudeur inexistante pour ne pas choquer le paladin. Elle possède plusieurs caractéristiques très roleplay :

  • Elle est plutôt dévêtue, même au fin fond des plaines du nord par -15°C.
  • Elle est plutôt jolie, elfe, humaine de préférence, dryade ou draw pour les fétichistes ; hafelin pour les pervers. Bizarrement jamais naine ou semi-orc. Je me demande pourquoi.
  • Elle est jouée par une fille IRL.
  • Elle est masterisée par un mec.
  • La joueuse a au minimum un bonnet B. Le personnage fait plus du D et a du mal à entrer dans la plupart des tuniques.
  • Bizarrement, elle a l’air ultra-frêle et tout le monde veut la protéger.
  • Bizarrement, elle fait plus de dégâts que n’importe quel BBA au sommet de son art
  • Elle couche avec tout le monde RP, mais jamais IRL. C’est son roleplay.

La VPC dans un groupe

La VPC dans un groupe c’est comme une énorme pomme de discorde posée sur la table qu’on utilise pour ouvrir les portes et gagner de l’argent. Les joueurs chercheront à attirer son attention par tous les moyens. Bières, protection anormale, partage inégal du butin, …

Il faut prévoir de temps à autre une petite zone roleplay où la joueuse pourra exprimer son sentiment d’être exploité et où les joueurs pourront se défendre d’être des maquereaux qui louent leur compagne pour résoudre les quêtes plus rapidement.

Sinon elle se conduit comme on peut attendre d’elle qu’elle se conduise : vénale, pas farouche et un peu trop intelligente. Une calamité.

C’est bien beau la théorie, mais moi je voudrais voir la pratique !

Donc reprenons. Les aventuriers en tout genre peuvent se … etc. La VPC arrive, fait du gringue au brave soldat père de famille vertueux incorruptible défini par le MJ. Ca ne marche pas alors elle insiste en offrant moult détails scabreux. Comme ça ne marche toujours pas, et comme le MJ est déjà tout rouge, elle fait du gringue au MJ. Comme le MJ défend son éthique, sa fidélité envers sa copine (virtuelle ou non), elle insiste en offrant moult détails scabreux.

Bien faible est le MJ qui craque devant un décolleté trop plongeant.

Pendant que la voleuse fait une gâterie dans la ruelle à notre brave soldat (avec une bonne économie de détails), le groupe utilise le trousseau pour entrer dans la tour, tachant à tout jamais de bave leur feuille de perso.

Mage Boule de Feu


La subtilité, c’est un travail pour les érudits, les clercs, et les gardiens savants de la magie très hermétique et surtout très puissante. C’est d’ailleurs ce qui distingue – excusez du peu – les barbares des êtres supérieurs ; entre les deux, il y a le peuple, les politiciens, et les méchants.

Les magiciens, sorciers, ensorceleurs, enchanteurs, illusionnistes et autres prestidigitateurs – « gitateur » – (quoi que pour ces derniers, j’ai un doute), sont souvent représentés comme étant des êtres physiquement frêles, intelligents, érudits et éduqués, avec une haute estime d’eux-même, et des sortilèges tous plus puissants les uns que les autres.

C’est précisément sur la puissance des sorts que je souhaite aujourd’hui vous présenter un archétype fin et subtil – ah ah – à savoir : le mage boule de feu, à ne pas confondre avec le mage foule de boeufs.

Apprenti allumette et lance-flamme portatif

Dans la plupart des jeux de rôles, les êtres capables d’utiliser la magie suivent souvent le même schéma : une progression qui part de très bas, grimpe très doucement, pour un final haut en couleur, explosant d’une puissance qui fera passer les boss de fin de niveau pour de simples cibles d’un tutoriel pour aventuriers débutants. Restons donc dans le stéréotype.

Apprenti allumette

C’est là que tout commence : un jour, un gamin – paysan de préférence – d’à peine 16 ans découvre qu’il peut créer des étincelles entre deux branches mortes et ce, sans utiliser aucun artifice quelconque autre que le pouvoir de sa pensée.

Ou alors, il est simplement vendu à un vieux pervers un vieux mage en voyage qui cherche quelqu’un pour reprendre le flambeau.

Toujours est-il qu’il se retrouve avec une robe (ridicule) de mage trop grande pour lui, qu’il se met à déclamer des formules incompréhensibles (surtout pour lui), et s’il est vraiment doué, il aura le droit de faire apparaître une luciole dans le creux de la paume.

Avec un peu de bol, il aura même le droit de se cramer les cheveux une fois ou deux en tentant des expériences parfaitement inutiles puisque parfaitement ratées.

Aspirant chauffagiste

L’hiver il fait froid, et notre aspirant est tout content de pouvoir enflammer sans allumette et sans fuel le poêle à fuel de l’académie/le collège de magie qui l’aura débusqué ; sinon cela peut être la vieille bicoque de son maître mage qui s’est lancé un sort de négation de la température permanent depuis si longtemps qu’il l’a oublié.

Il en sait un peu plus sur la magie. Il en sait surtout un peu plus sur ce qu’il ne doit surtout pas faire avec – comme tenter des filtres d’amour, réveiller les morts, et de manière générale, tous les trucs fun avec la magie (c’est pas avec ça qu’il va pouvoir emballer de la gonzesse…).

Cela dit pour plaire aux filles et s’occuper pendant les longues soirées d’hiver (aucun lien de cause à effet), l’aspirant peut toujours invoquer trois ou quatre lucioles : c’est inutile, mais c’est joli.

Chauffeur d’ambiance

Avec le printemps qui vient et les fêtes qui vont avec, et surtout depuis le temps passé à étudier la magie, notre aspirant devient enfin un véritable mage. Le détail, c’est que depuis le jour où il est passé apprenti, il s’est passé plusieurs années – pour certains des dizaines – et qu’entre-temps, le monde est devenu encore moins gentil, encore plus dangereux.

Ce n’est pas encore la consécration pour le sorcier, car même s’il peut embraser du regard toute une salle – voire un village pour les plus expressifs du regard – il lui faut encore acquérir ce qui fait la différence entre un chauffe-eau et une centrale nucléaire : une réputation de grand sorcier ; et de gros sorts bien bourrin.

En attendant, il se console en invoquant un cercle de lucioles pour faire des blagues à ses potes fuir les êtres maléfiques de la nuit qui veulent le tuer dans son sommeil.

Lance-flamme portatif

Il peut tout : faire couler des torrents de lave, provoquer une éruption de magma dans le salon de mère-grand au plein milieu du champ de bataille, et servir de lance-flamme partout où il va. Il est devenu un excellent mage de bataille, lançant plus de boules de feu à la minute qu’une Kalachnikov ne tire de balles.

À ce stade, il n’a plus rien à apprendre, ayant acquis tout ce qui fait un bon mage : patience, érudition, sagesse, richesse, puissance inégalée, finesse et subtilité.

C’est d’ailleurs très fier de lui qu’il n’hésite jamais à épater la galerie en illuminant son palace/tour de sorcier/manoir antique d’une armée de lucioles.

Jouer avec les boules de feu

Vous avez compris l’idée : il s’agit ici d’un mage de bataille, un expert de la boule de feu, un maître ès crémation de groupe. D’accord, mais comment le jouer, et comment jouer avec (joueur compagnon et meneur de jeu).

Un caractère brûlant

Le magicien boule de feu – que l’on peut assimiler à un mage/sorcier de bataille – a l’intelligence suffisante pour être puissant et rusé, mais son caractère n’est pas celui d’un vieux sage calme et posé : il est explosif, à l’image de la magie qu’il maîtrise.

Colérique, ce qui le marque le plus est sans doute son côté passionné : tout ce qu’il entreprend est fait avec passion. Il peut être parfois un peu obtus dans sa façon d’agir, mais au regard de sa bibliothèque de parchemins, vous comprendrez aisément que tous les problèmes lui font penser à des fétus de paille.

Il peut y avoir un côté humoristique à jouer un mage orienté vers le feu – et c’est tout aussi vrai pour les autres éléments (ou sans élément primaire, cela va de soi) : cela permet de créer un contraste plutôt agréable entre la puissance du personnage, et l’ambiance décontractée autour de la table.

La puissance du feu

Certes, tous les pratiquants de la magie ne suivent pas forcément la même évolution, mais il arrive un moment où le mage devient tout puissant, voire trop puissant, dans un groupe. Un monstre ? Une boule de feu. Un gros monstre ? Deux boules de feu. Un demi-boss, un boss de fin de niveau, un boss de fin de campagne, votre belle-mère, tout finit par se ressembler à un certain stade.

Il faut savoir jouer avec : il n’y a strictement rien d’amusant à terminer la partie grâce à un seul et unique personnage qui fait tout : il faut en laisser aux autres !

Personnellement, j’ai toujours eu du mal avec les progressions lentes mais bourrines des mages. C’est d’ailleurs un casse-tête d’équilibrer les parties en tant que MJ : au début, le joueur s’ennuie avec son mage, à la fin, c’est le reste de la table qui s’ennuie.

Le mieux ? S’arranger avec le joueur pour arriver à maintenir cohérent l’ensemble du groupe. Cela peut être par des limitations purement role-play sur le personnage, ou par un choix du MJ de faire des scénarii où le mage va être moins efficace / moins utile.

Au pire, imposez à votre PJ mage qu’une armée de lucioles l’environne perpétuellement. Cela le refroidira un peu.

Bedaine Barde ou BB pour les intimes.


Barde, ménestrels et troubadours sont des personnages que j’ai toujours aimé incarner. Mais je dois bien avouer que mes bardes sont en général très loin de l’idée que ce font les joueurs du barde.

Pas de ménestrel danseuse aux formes affriolantes et à la chaude voix de velours. Tout aussi peu de bellâtres séduisants et séducteurs qui savent aussi bien faire vibrer les harpes que les femmes (cela ne veut pas dire qu’ils ne l’ont pas été)…

Non, mes bardes sont bien souvent :

  • vieux,
  • presque chauves,
  • avec de la bedaine.

Lorsque l’univers permet de définir leur richesse, je les dote d’un pécule confortable et d’un logis plus que décent, dans une grande ville très cosmopolite (Eauprofonde par exemple si vous prenez l’un des univers D&D).

Figures paternelles, pour ne pas dire grand-paternel, ils compensent leur peu d’attrait physique par de la persuasion, de la diplomatie et une bonhomie à toute épreuve. Et quelques petites œillades un peu grivoises pour les jeunes donzelles… Après tout…

Comme toute personne qui a couché dans des étables ou gagné ses repas à la sueur de ses notes, mes bardes sont économes, ou plutôt disons qu’ils savent qu’un sous, c’est un sous. Ils négocient tout, y compris les récompenses proposées au groupe. Après tout, qui ne tente rien…

Mentir ne leur posent aucun problème, après tout raconter des histoires c’est leur métier ; et puis qui a envie de s’ennuyer avec la vérité toute nue, alors qu’une belle histoire bien tournée est tellement plus agréable à écouter ?

Leur seules armes, quand encore une fois l’univers le permet, ce sont leurs mots et leurs instruments. Ni épée, ni arc, ni dague (à part pour se couper une bonne grosse ranche de gigot). La plupart sont d’ailleurs complétement dingues de leurs instruments. Quand je le peux je leur offre une collection d’instruments, la plus grande possible, avec lorsque je le peux un bon nombre d’instruments magiques. C’est d’ailleurs bien souvent l’astuce que j’utilise pour les envoyer sur les routes : agrandir leur collection, obtenir un nouvel instrument, entendre de nouvelles mélodies….

Barbare berserker amnésique


J’inaugure la rubrique « archétype » avec le plus basique et le plus caricatural de tous : le Barbare berserker amnésique.

Le Barbare berserker amnésique est la parfaite incarnation de l’archétype : un cadre simple pour un rôle sans imagination.

Bien loin de se soucier des problèmes de don du sang – les barbares ne donnent pas leur sang, sauf à la Terre, et encore – les barbares aiment le faire perdre aux autres. Dressons un portrait type de ces bucoliques guerriers du Nord au sang chaud.

Moi vois moi tue !

Le BBA se distingue par sa simplicité :

  • Amnésique : aucun passé à définir, il ne s’en souvient pas, autant laisser ça à un MJ qui, de toute façon, finira par l’oublier aussi,
  • Berserker : aucune technique particulière à réfléchir ; lorsque le joueur s’ennuie, il déclare que son personnage s’énerve, le fait entrer en rage, et nettoie vite fait bien fait la scène politique – et les intrigues ennuyeuses qui vont avec,
  • Barbare : le point de départ, pilier central du personnage, le barbare n’est autre qu’un tas de muscle au physique largement avantagé par la nature, qui se moque des pieds dans le plat – quand il sait ce qu’est un plat, autre que celui de son épée – ; aucune civilisation, aucune morale, born-to-kill sur mesure.

Ce n’est pas pour rien que c’est le choix par défaut d’un joueur en manque d’inspiration – cela n’arrive jamais, bien entendu, lors d’une campagne prévue à l’avance, longue et dure comme vous pourriez les aimer – car il n’a strictement rien à décider, et peut, à sa guise, s’amuser sans effort.

Bas du front et intelligence physique

Le BBA est un Barbare. De préférence, il vient du Nord (les Norks à Warhammer sont de parfaits exemples), et ressemble à l’image du Viking populaire :

  • Blond et cheveux long,
  • La peau blanche et les tatouages bleus – ou rouges, ou verts, ou quelque chose de folklorique, mais nécessairement celtique (les amalgames ont du bon),
  • Pas d’armure : tout au plus une pièce d’armure stylisée (admirez l’orfèvrerie barbare) pour l’épaule, et encore,
  • Un pagne : élément important de reconnaissance sociale parmi les barbares, le pagne doit faire partie de sa panoplie – et il n’en change jamais – quotidienne,
  • Épée, hache, marteau : le tout, forcément à deux mains, tenu dans une seule, mais ça c’est un détail.

Si vous pouvez obtenir de votre MJ le don « Cicatrice qui fait peur » avec le bonus en Terreur, Interrogatoire, ou bien Intimidation, n’hésitez surtout pas : prétextez une terrible histoire dantesque qui aura fait de votre personnage un être chargé d’émotion négative et provocant la compréhension automatique de ses interlocuteurs – s’ils sont encore en vie.

Bien entendu, ne donnez aucun détail, votre barbare est amnésique, pas bibliographe.

Le problème social

Vous pourriez légitimement vous demander à quoi sert un tel personnage dans un contexte social. Avant de répondre d’un « à rien » retentissant, tel le rot dudit personnage après l’intense moment de réflexion de 3 secondes, les sourcils froncés et le menton pensif, pensez donc à la hallebarde.

La hallebarde est une arme solide et efficace : elle permet de maintenir à distance un petit paquet d’ennemis en même temps tout en découpant quelques têtes. Une arme efficace, donc.

Le BBA, quant à lui, a décidé de réunir en un seul objet la diplomatie et ses penchants favoris pour la castagne et le bain de sang festif : c’est le concept de Hallebarde Diplomatique.

Une soirée trop longue où il faut suivre 52 rumeurs, 27 histoires de cœur (et de culs), 13 intrigues politico-mercantiles, 3 demandes en duel et 1 invité surprise, peuvent présenter un véritable défi pour une équipe de personnages tous plus socialement avantagés. Mais pas pour le BBA.

Le BBA emploie sa technique miraculeuse de la hallebarde diplomatique : en quelques coups bien placés, les rumeurs ne circulent plus, les histoires éphémères s’arrêtent, et les intrigues sont résolues ; il ne reste plus qu’un ou deux problèmes de ménage, mais ça, nous n’en parlerons pas. Non, nous ne parlerons jamais des conditions de vie déplorable des femmes de ménage dans le jeu de rôles, ce ne sont jamais que les petites mains des MJs qui, de toute façon, n’en ont strictement rien à faire.

Culture et petits liens

Si vous regardez la production ludique et vidéo-ludique, vous trouverez une pléthore d’exemple de BBA, des Péplums à la Science-fiction.

Par exemple, Conan, le Barbare, bien qu’il dénote par une couleur de cheveux originale (mais c’est un sumérien, ça explique tout), Conan est un véritable Barbare Berserker. Pour le côté « Amnésique », si vous lisez un peu les comics des années 80, vous verrez qu’il n’est presque jamais fait mention du passé de Conan. Tout au plus, quelques références.

Ca va péter il va pleuvoir du sang par hectolitres…

Marv, de Sin City, est un exemple parfait qui illustre que le BBA est parfaitement intemporel et indémodable.

Autre exemple : Diablo 2 et son Barbare, avec ses attaques fines et subtiles à base de « je fonce en ligne droite et je découpe« . A côté, le paladin et son « ferveur » peut aller se rhabiller.

Un jeu bien moins connu et qui s’appelle Get Medieval, propose quant à lui une version « avec casque et double hache » du BBA, très efficace dans son rôle de brute bas-du-front.

Enfin, dans la saga mp3 Le Donjon de Nalheulbeuk, le concept de BBA a trouvé là une expression parfaite, parodique et drôlatique.

Si vous manquez d’inspiration*, vous savez désormais où chercher…

Derniers mots…

Le Barbare berserker amnésique est une caricature du choix de certains joueurs, pour qui la simplicité rime avec brutalité. Ce personnage, qui ne demande à peu près aucun investissement du joueur, peut servir de défouloir, voire d’exutoire à des activités intellectuelles des plus stressantes.

Mais tout de même.

Le BBA peut paraître simple, mais le rendre intéressant est des plus complexes : pour ne pas confondre simplicité et banalité insipide, il faut savoir le jouer avec tact et diplomatie**. Sinon, vous risquez bien d’ennuyer les autres joueurs, votre meneur, et, accessoirement, après votre deuxième rire forcé au milieu des restes de chips et de bouteilles de bières, vous-même.

* : si vous manquez d’inspiration pour votre BBA, c’est que vous cherchez vraiment les embrouilles.

** : ces mots ne doivent pas être les noms des armes de votre BBA.

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