Le jeu de rôle et la mode du vintage : quid de l'innovation ?

14-09-2011

J'ai reçu récemment des livres de la 3ème édition du jeu "Le Livre des 5 Anneaux" (que j'ai toujours appelé "Légende des 5 Anneaux", au vu du titre anglais), qui s'ajoutent au livre de base. Du coup, je suis allé voir sur le site de l'éditeur (Edge Entertainment), pour constater que la 4ème édition était déjà disponible. Soit. Cela ne m'étonne guère à vrai dire : les dernières "nouveautés" dans le domaine du jeu de rôle ont souvent porté sur des ré-éditions de jeux déjà très connus.

J'en vins à pester un peu sur twitter, histoire de dire que, quand même, où en est l'innovation dans le monde du jeu de rôle ? Pour le coup, quelqu'un du système @FusinaJdr m'a répondu, en me disant que, quand même, en France il s'en passe des trucs, surtout côté amateur. Je le remercie, l'échange était intéressant.

Aussi, je suis bon pour un billet "d'humeur", pour exprimer mes impressions, mon point de vue sur le sujet - et j'espère bien faire évoluer ce point de vue, je vous invite à partager vos impressions aussi.

Les jeux amateurs

Alors c'est vrai : côté amateur, j'ai pu remarquer pas mal de choses. Le monde du jeu de rôle bouge un peu, et c'est agréable : Internet, bien qu'encore sous-utilisé dans ce domaine (comparé à d'autres), reste un média très pratique de partages et d'émulsions. Youpi tralala.

Mais soyons honnête : pour un JDR amateur original et intéressant, combien d'autres existent sans présenter grand chose de nouveau/intéressant/original/bien fait/équilibré/etc. ? Combien de JDR ne se basent que sur un système de règles déjà existant, se contentant de présenter un "nouveau monde", en modifiant deux trois trucs du système de base, mais sans apporter une contribution majeure qui en fasse un truc "à part" ? Un truc qui me donne envie de m'investir, de lire, et voire, de participer ?

Dernier point sur le JDR amateur, c'est la qualité de la présentation, le travail sur les textes et la mise en forme : ça compte pour moi, lecteur, qui ai besoin d'avoir quelque chose de confortable à lire (surtout sur écran) ; je parle ici uniquement de format numérique, l'édition c'est déjà un peu moins "amateur" (et c'est un autre débat). Un PDF c'est bien, une page HTML aussi. Mais la mise en page ça se travaille, cela demande du temps, et si nos auteurs ont la prose agréable et la plume prolixe, ils ne peuvent pas tous avoir un master en design & ergonomie de l'édition - ici, numérique.

Les grands éditeurs

Or donc, du côté des JDR amateurs, il y a de tout, et c'est normal. Mais alors pourquoi, ô grands dieux (qui que vous soyez), n'y a-t-il que si peu de sorties de JDR "professionnel", issu du milieu amateur ou pas, par les grands éditeurs ?

Tout à l'heure, je parlais de L5A, mais on peut prendre l'exemple de Donjon et Dragon (rire), de Warhammer (une V3 alors que je n'ai qu'à peine eu le temps de lire la V2), de Shadowrun (une V4, vous vous rendez compte de l'âge de ce jeu ?), de l'Appel de Cthulhu (sans commentaire), et d'autres (ne parlons pas du monde des Ténèbres voulez-vous).

Alors, en tant que fan de Zombie, une nouvelle édition me ferait probablement plaisir, mais ce n'est pas ça que je demande - d'ailleurs, voir des jeux comme Z-Corp sortir c'est une très bonne chose. Quelque part, je ne demande pas grand chose : juste quelque chose de nouveau, de différent. Dans le format aussi peut-être ?

La mode vintage

Le vintage, c'est de ressortir des vieux trucs des cartons et d'enlever un peu la couche de poussière (mais faut en laisser un peu, sinon c'est pas vintage). Je n'ai rien contre, mais j'ai envie de dire stop. Stop à toutes ces ré-éditions. Je veux du neuf. Je veux du 2011.

Des débats longs comme le bras ont vu s'opposer de grands théoriciens (ici, une légère pointe d'ironie, légère) sur le jeu de rôle, sur sa mise en boîtes/cases par style, genre, sexe (ah, non, pas dans ce domaine, enfin pas que je sache), histoire de savoir ce qui plaît, ce qui est mieux - bref des concours de bites rhétoriques. Alors pourquoi donc, après toutes ces merveilleuses réflexions ("mon jeu narratif est mieux que le tien qui est simulationniste"), n'avons-nous toujours pas appliqué tout cela dans les jeux d'aujourd'hui ? Dans de nouveaux jeux, de nouveaux systèmes, voire carrément, de nouvelles façons de jouer, dans les productions d'aujourd'hui ?

Bref. Il serait peut-être temps de réinventer la roue - ou au moins, de regarder dans d'autres directions. Et cela vaut aussi pour le format, avec le développement du numérique - je dis ça, je dis rien.

My 2 cents.