Nécromancien

05-10-2011

Une commande pour la description d'un personnage "nécromancien". J'en profite pour le publier ici. Histoire de dire que j'écris encore des trucs quoi.

Nul vent ne souffle, pourtant vous croiriez entendre son bruit dans les couloirs.

Lorsqu'il s'approche, on peut sentir l'air se glacer, se raréfier, et une odeur forte vient remplir nos narines. La putréfaction et la pourriture semblent prendre corps au-delà des limites des ombres. Notre perception nous alerte qu'ici, en cet instant, il n'y a rien de vivant dans cet être courbé qui s'avance en s'aidant d'une canne. La main décharnée qui la tient n'en est jamais qu'un signe parmi d'autres.

La poussière qui recouvre d'une couche grisâtre sa cape élimée, semble être là depuis des siècles, tant elle forme une couche uniforme, qui se soulève en nuage qui le précède, et se recolle à lui. Il grince, et oscille d'une jambe à l'autre mal à l'aise sur le carrelage. Son visage est masqué par la capuche de son vêtement, et l'on devine à peine les contours osseux d'un nez et d'un menton, à la lueur d'une torche murale.

Tout en lui évoque la vieillesse et la décrépitude d'un âge sans fin, le tout animé d'une humeur maligne surnaturelle. Il ne parle pas, et ne semble pas avoir besoin d'en faire usage, tant il inspire la peur par ce regard sombre qui s'échappe de sa capuche. Est-ce vraiment de la peau ? A-t-il ne serait-ce que des yeux au fond de ces orbites ? Il étire jusqu'à vous son bras, pointant votre cœur d'une griffe qui fut jadis un ongle au bout d'un doigt, et ricane, emplissant la salle d'un bruit grinçant de lime sur l'acier.

Il ramène sa main vers lui, et se dirige vers un pupitre dans un coin, où repose ce que vous avez pris jusqu'à présent pour un tas de moisissures vaguement rectangulaire. C'est un livre, et il en tourne les pages lentement, sans même un regard vers vous. L'air semble tout à coup encore plus froid qu'auparavant, vous tremblez. Peut-être que l'air aussi, se met à vibrer dangereusement, alors que vous croyez discerner des paroles.

Les murs se dilatent, votre vision se trouble d'apparitions. Il est temps de rebrousser chemin, alors que des hurlements vous suivent, marchant dans vos pas, mordant vos talons d'une brise glacée.

Ces bruits dans les couloirs, n'étaient-ce pas finalement le hurlement des défunts dont vous avez peut-être failli faire partie ?