L'herboristerie de Riglortan

24-08-2014

NdA : Cette herboristerie est née dans l'une des parties "impro totale" que je masterisais une fois tous les deux mois pendant 2 ou 3 ans, il y a... une petite dizaine d'années. Les règles utilisées étaient la première mouture du Simon Système (qui ne s'appelait alors pas du tout comme cela). Depuis je l'ai réutilisée un certain nombre de fois.

Côté Face

L'herboristerie est une petite échoppe à un étage en bord de rue. Sa façade est décorée de dessins de plantes et d'arbres, dans un mélange de verts et de violets. Au dessus de la porte en bois cerclée de métal, une inscription dorée annonce fièrement "L'herboristerie de Riglortan". Une large fenêtre, à droite de la porte, permet de voir l'intérieur de la boutique : des rayonnages pleins de fioles remplies de plantes séchées ou de morceaux de racines trempant dans différents liquides. Des bouquets de plantes se balancent, accrochés à des bouts de ficelles, tels des bouts de viande dans une boucherie. Au dessus de la fenêtre, la devise des lieux "Si vous cherchez une plante que vous ne trouvez pas ici, c'est qu'elle n'existe pas".

La boutique occupe une grosse moitié du rez de chaussée. Un enchevêtrement labyrinthique d'étagères occupe quasiment toute la place, ne laissant que de petits couloirs où l'on ne peut circuler à deux de front. L'espace est tellement étroit que quelqu'un d'un peu trop corpulent aura du mal à ne pas heurter l'une des nombreuses fioles ou des brassées de plantes qui dépassent immanquablement parmi le fouillis.

Dans le mur du fond, tout à droite, se trouve une petite porte en bois, renforcée de fer. Devant celle-ci se trouve l'atelier dans lequel Riglortan prépare les plantes fraîches qu'il reçoit. Dans la boutique, en face de la porte de la réserve et la séparant du reste de la boutique trône le large bureau de Riglortan.

Au contraire du reste de la boutique, il n'y a presque pas de plantes sur le bureau mais plutôt un amoncèlement de livres, certains ouverts, d'autres hérissés de dizaines de marque-pages. Au milieu de l'atelier se trouve un petit escalier en colimaçon qui mène aux appartements de Riglortan, qui occupent tout le premier étage et se décomposent en cinq pièces. Deux sont faces à la rue et les trois autres ont vue sur le jardin. Entre elles un couloirs qui donne accès à toutes les pièces et dans lequel débouche l'escalier. Face à la rue se trouve sa cuisine et son salon. Une large ouverture entre la cuisine et le salon permet de passer de l'un à l'autre. Les trois autres pièces sont, de droite à gauche, la chambre de Riglortan, son cabinet d'étude où il rédige ses différents parchemins et courriers, et enfin sa salle d'eau.

Riglortan en lui même est un demi-orc qui aurait voulu être mage. N'ayant aucun talent pour la magie, il s'est tourné vers l'herboristerie. Il s'habille toujours dans des tons violets, dans diverses robes informes décorées de motifs végétaux. Pour ajouter au ridicule de son accoutrement, ses robes ont de longues et larges manches bouffantes dans lesquelles il se prend parfois les mains.

Riglortan semble bien inoffensif pour un demi-orc. Et tout dans son discours, sa façon de parler ou de se déplacer, tend à confirmer le fait qu'il est le plus doux des agneaux. Le fait qu'il soit complètement végétarien ajoute à sa légende de doux herboriste.

Côté Pile

Riglortan cache un certain nombre de secrets. Tout d'abord ses manches ne sont pas bouffantes simplement par effet de style. Elles contiennent en réalité un certain nombre de poches et de caches qui contiennent différents objets, comme des petites fioles de poison ou bagues à aiguilles. Riglortan n'excelle en effet pas que dans la connaissance des plantes. C'est aussi l'un des meilleurs empoisonneurs du pays. Il n’exécute que quelques contrats par ans mais ceux-ci lui permettent de vivre sans problème et sans avoir réellement besoin de faire fonctionner sa boutique.

Les visiteurs un peu perspicaces et qui ont le droit d'entrer dans son atelier auront noté que celui-ci semble moins long que sa boutique. Et c'est en effet vrai. Il manque un bon quart de la largeur de la boutique. Si vous retournez dans la boutique et que vous appuyez dans le bon ordre sur différentes décorations de l'étagère la plus à gauche du mur du fond, vous aurez la surprise de la voir s'enfoncer dans le sol. Et de voir apparaitre une porte de fer, à l'air plus que solide, et présentant trois serrures.

Quiconque arriverait à ouvrir cette porte, en utilisant les clés que Riglortan porte autour du cou, même lorsqu'il dort, accèderait à son atelier secret. C'est dans celui-ci que l'herboriste garde ses poissons les plus violents, les plantes interdites et stocke les parchemins lui servant à préparer ses meurtres. Le sol est lui recouvert d'un lourd tapis.

Si quelqu'un après avoir réussi à entrer dans l'entrepôt, se décidait à soulever le tapis, il découvrirait alors une trappe. Une trappe qui le mènerait au dernier des secrets du demi-orc.

En soulevant la trappe et en descendant l'escalier de bois raide, il arriverait dans un sous sol fortement éclairé par des globes magiques. La première chose qui frapperait celui qui arriverait jusque là serait le grand four à rôtir s'y trouvant. On pourrait sans problème y faire cuire un agneau entier. Il serait ensuite surement décontenancé par l'atelier de boucher qu'il penserait découvrir à droite de l'escalier. De multiples couteaux, hachoirs et crocs pour suspendre les morceaux de viandes garnissent en effet la totalité des murs de ce coté du sous sol. Et pour compléter ce décor sanglant une large et longue table à découper en pierre blanche. Mais pourquoi chacun des coins de la table à découper était-il orné d'une chaine et d'un anneau à fermeture ?

Notre malheureux visiteur, en lançant un coup d'oeil vers la gauche comprendrait alors tout de suite la vérité. Quasiment toute la partie gauche du sous sol est occupé par une demi douzaine de cellule, dans lesquelles peut être un ou deux adolescents attendraient tristement leur sort. Dans le seul espace non utilisé par une cellule, trônent trois coffres de bois où l'explorateur intrépide pourrait découvrir que s'y trouvent, parfaitement triés, les os d'humains, de nains et d'elfes.

Tel était le dernier secret de Riglortan le doux herboriste. Il était totalement végétarien sauf parfois, quand l'envie de viande le prenait. Là, ce qu'il préférait c'était la chair tendre des adolescents. Les enfants étant trop sucrés, et les adultes trop dur sous sa dent. La seule viande qu'il supporte de manger est celle de jeunes adolescents, filles ou garçons, humains, elfes ou nains, même si, en toute honnêteté les nains avaient un peu trop de goût pour son palais.